Rareté absolue, mécanique simple et portes escamotables spectaculaires font de la BMW Z1 un roadster à part, mais son achat demande une méthode précise.
Un roadster né d’un laboratoire d’idées BMW
La Z1 n’était au départ qu’un exercice de style confié à BMW Technik GmbH, la cellule expérimentale du constructeur. Rien ne prédestinait ce coupé de démonstration à rejoindre un jour une chaîne de production. C’est l’accueil enthousiaste du public lors de sa présentation qui a poussé la marque à franchir le pas et à en lancer une fabrication en petite série, entre 1988 et 1991. Au total, 8 012 exemplaires sont sortis d’usine avant que la production ne s’arrête, laissant le champ libre quelques années plus tard à la BMW Z3.
Techniquement, la Z1 repose sur un châssis monocoque en acier galvanisé associé à une carrosserie en panneaux de plastique démontables, une solution alors inédite chez BMW. Ces panneaux peuvent être retirés en à peine 40 minutes, une prouesse pensée à l’origine pour permettre aux propriétaires de changer facilement la couleur de leur voiture. Sous le capot, un 6 cylindres en ligne de 2,5 litres développe 170 chevaux à 5 800 tr/min, associé à une boîte manuelle à 5 rapports qui privilégie le plaisir de conduite pur.
Le point le plus mémorable reste ses portes escamotables, qui disparaissent verticalement dans les bas de caisse au lieu de s’ouvrir classiquement. Pour entrer dans l’habitacle, il faut abaisser la porte puis enjamber le seuil, une gestuelle qui surprend toujours autant aujourd’hui. Ce mécanisme spectaculaire est aussi l’un des organes les plus délicats de la voiture, réclamant un entretien minutieux pour continuer à fonctionner sans accroc. Un coefficient de traînée de 0,36 et un centre de gravité bas complètent le tableau d’une voiture pensée pour la stabilité autant que pour l’effet visuel.
Une cote qui grimpe avec la rareté
Le marché de l’occasion en France confirme un mouvement de fond favorable aux voitures de collection. En 2024, 727 650 véhicules d’occasion ont été immatriculés dans l’Hexagone, soit une progression de 5,6 % par rapport à 2015. Dans cette dynamique, les modèles BMW rares tirent particulièrement leur épingle du jeu, portés par une demande croissante des collectionneurs et des investisseurs qui cherchent des voitures à contre-courant de la dépréciation habituelle.
La Z1 illustre parfaitement ce phénomène. Sa production limitée à 8 012 unités en fait un objet convoité, dont la valeur a nettement progressé ces dernières années. Selon l’état, le kilométrage et la qualité de l’historique d’entretien, un exemplaire peut aujourd’hui se négocier entre 40 000 et 70 000 euros, voire davantage pour les voitures irréprochables. Contrairement à une voiture moderne qui perd de la valeur dès la sortie du showroom, la Z1 s’inscrit dans une logique inverse, celle des modèles rares dont la cote se construit avec le temps.
Pour situer la Z1 dans le paysage plus large des motorisations d’occasion, l’essence reste dominante avec 55,1 % des ventes, devant le diesel à 30,6 % et les hybrides à 10,6 %. Le roadster BMW, exclusivement essence, reste donc parfaitement dans l’air du temps sur ce plan, même si son usage n’a évidemment rien à voir avec celui d’une citadine. Du côté des modèles électrifiés, BMW a vu la part de ses ventes hybrides rechargeables et électriques grimper à 16,5 % en 2023, dont 6,5 % de tout électrique, signe d’une marque qui investit ailleurs tout en cultivant son patrimoine historique via des modèles comme la Z1.

Posséder une Z1 : plaisir de collection, contraintes assumées
Acheter une BMW Z1 aujourd’hui relève presque de la profession de foi. Il faut accepter de payer le prix fort pour une voiture rare, mais aussi composer avec une fragilité mécanique et esthétique bien réelle. Les panneaux de carrosserie en plastique, exposés aux rayons du soleil, ont tendance à se fendre avec le temps et restent coûteux à remplacer lorsqu’ils sont abîmés. Le mécanisme des portes escamotables, lui, nécessite une main-d’œuvre qualifiée pour les réglages et impose de surveiller le remplacement des courroies d’entraînement tous les sept ans environ.
La corrosion du châssis reste également un point de vigilance sur ces modèles désormais anciens, un traitement préventif pouvant sensiblement prolonger la durée de vie de la voiture. Au quotidien, la Z1 n’a jamais été conçue comme un véhicule pratique : ses portes atypiques et l’absence quasi totale de coffre en font davantage une voiture de week-end ensoleillé qu’un moyen de transport régulier. C’est d’ailleurs cette vocation de collection qui explique pourquoi la plupart des propriétaires la réservent à des sorties occasionnelles plutôt qu’à un usage quotidien.
Avant tout achat, il est utile de vérifier l’historique administratif du véhicule via HistoVec, l’historique officiel d’un véhicule, et de s’assurer que le passage au contrôle technique ne réserve pas de mauvaise surprise en consultant les exigences de l’UTAC. Ces vérifications administratives ne remplacent pas une expertise mécanique, mais elles permettent d’écarter d’emblée les dossiers douteux. Pour comparer les cotes et les offres disponibles sur ce type de voiture de collection, notre article sur le roadster culte à découvrir ou restaurer apporte un éclairage complémentaire utile.
Ce qui joue en sa faveur
- Une rareté réelle avec seulement 8 012 exemplaires produits
- Un statut de collection qui tire la cote vers le haut plutôt que vers le bas
- Un moteur 6 cylindres réputé pour sa robustesse mécanique
- Un design et des portes escamotables uniques dans l’histoire de BMW
Ce qui doit vous alerter
- Des panneaux de carrosserie fragiles et coûteux à remplacer
- Un mécanisme de portes exigeant un entretien spécialisé régulier
- Un risque de corrosion du châssis sur les exemplaires mal suivis
- Un usage quotidien peu pratique, coffre quasi inexistant

Comment aborder sereinement l’achat d’une Z1
Face à un budget qui oscille généralement entre 40 000 et 70 000 euros, chaque euro investi doit correspondre à un état réellement vérifié, et non supposé sur la base d’une annonce séduisante. Privilégier un exemplaire disposant d’un historique d’entretien complet et documenté reste la meilleure protection contre les mauvaises surprises, les modèles ayant subi des réparations non conformes voyant généralement leur valeur nettement diminuer. Faire appel à un connaisseur du modèle avant la signature permet d’inspecter précisément l’état des panneaux, le fonctionnement des portes et l’absence de corrosion sur le châssis.
Les plateformes spécialisées comme Classic Driver restent une référence pour suivre les annonces et comparer les niveaux de prix pratiqués sur ce type de voiture de collection. Il est également conseillé de croiser plusieurs sources et, si possible, de consulter les tendances détaillées dans notre dossier sur les points clés, tendances et statistiques de la Z1 d’occasion, afin de replacer chaque annonce dans le contexte plus large du marché. Une fois la voiture acquise, les démarches de carte grise suivent les règles classiques détaillées sur le site du service public, ce qui n’a rien de spécifique à un modèle de collection mais mérite d’être anticipé.
Enfin, gardez à l’esprit que la Z1, comme toute voiture ancienne circulant sur route ouverte, reste soumise aux mêmes exigences de sécurité que n’importe quel véhicule, un rappel utile disponible auprès de la Sécurité routière. Un entretien rigoureux, des sorties raisonnées et une vigilance constante sur les points fragiles permettent de profiter pleinement de ce roadster sans mauvaise surprise financière.

Ce que les lecteurs demandent
Pourquoi la BMW Z1 est-elle aussi chère malgré son âge ?
Sa rareté explique en grande partie ce niveau de prix. Avec seulement 8 012 exemplaires produits, la demande dépasse largement l’offre disponible sur le marché de l’occasion, ce qui pousse mécaniquement la cote vers le haut, à l’image des autres modèles de collection réellement limités en nombre.
La BMW Z1 est-elle utilisable au quotidien ?
Pas vraiment. L’absence quasi totale de coffre et le fonctionnement particulier des portes escamotables en font davantage une voiture de loisir et de collection qu’un véhicule pensé pour les trajets réguliers.
Quels sont les points d’entretien les plus critiques à surveiller ?
Le mécanisme des portes escamotables, les courroies d’entraînement associées, l’état des panneaux de carrosserie exposés au soleil et la corrosion éventuelle du châssis constituent les quatre points de vigilance principaux sur ce modèle.
Comment être sûr de faire le bon choix avant d’acheter ?
Compte tenu du niveau de prix et de la fragilité de certains organes, il est recommandé de faire vérifier l’exemplaire visé par un connaisseur du modèle avant toute décision, afin de confirmer que l’état réel correspond bien à ce qu’annonce le vendeur.


